M. Jean Pol Bois nous conviait à une nouvelle conférence sur le site du marais des Hauts Buttés à Monthermé. Ce site se trouve près du sommet français du massif ardennais à une altitude voisine de 470 mètres.
Ce marais fait partie d’un ensemble de milieux tourbeux ou para tourbeux de taille modeste qualifié d’ombrogène car alimenté par les seules précipitations. Ce fait le rend fragile au changement climatique. Ces sites sont, à une échelle plus modeste, de même nature que les Hautes fagnes en Wallonie.
Le marais couvre une clairière de 30 hectares bénéficiant d’un arrêté préfectoral de biotope et inscrit au réseau européen Natura 2000 ce qui confirme son haut intérêt patrimonial naturel.
C’est une lande tourbeuse humide, acide et froide favorisant une flore et une faune spécifique. Le site a sans doute une origine humaine dans des pratiques ancestrales d’ essartage où alternait culture du seigle sur brûlis puis retour au taillis. Au début du XX ème siècle les habitants locaux ont profité de la clairière pour faire paturer et recolter un mauvais foin dans les parties les moins humides. Puis après la dernière guerre mondiale, le site a été petit à petit abandonné . La colonisation naturelle par les végétaux ligneux a commencé modestement pour ensuite s’accélérer avec le changement climatique.
Depuis plusieurs décennies, des « chantiers jeunes » se sont isuccédés pour limiter la colonisation par les bouleaux puis par l’installation de chevaux très rustiques Konik Polski qui participent de cette maîtrise et les aides financières du réseau Natura 2000.
Ainsi peut on espérer maintenir cette flore dont la drosera plante carnivore , l’orchis des sphaignes, les canneberges et les linaigrettes et cette faune majoritairement entomologique si rares.



